Mother !

Mother ! la série
Mother ! la série

Sorti en septembre dernier, le film de Darren Aronosky (Requiem for a dream, The fountain…) a eu un succès mitigé. Il faut avouer qu’il est tellement étrange qu’on en ressort soit conquis, soit dépité.

Mother ! est un huis clos. Tout se passe dans une seule et je dois dire magnifique maison : on suit les deux personnages principaux, qui sont mari et femme (Jennifer Lawrence et Javier Bardem), et qui voient leur vie confortable et paisible perturbée du jour au lendemain par l’arrivée d’un inconnu frappant à leur porte.

Le film est oppressant du début à la fin : que ce soit dans le silence et le vide des premiers instants ou dans la profusion et le chaos de cette foule humaine en seconde partie. La caméra suit Jennifer Lawrence tout le long : on voit tout à travers ses yeux, ce qui rend les choses bien plus percutantes.

J’ai vu ce film en n’ayant aucune idée de ce que j’allais découvrir. Il faut savoir que le réalisateur a tendance à expliquer partout l’allégorie du film : Mother représente la Nature alors que le mari est une personnification de Dieu. Effectivement, on passe par tous les épisodes bibliques : Adam et Eve, Caïn et Abel puis Jésus se faisant sacrifier devant cette humanité perdue.
Je n’avais rien vu de tout cela et il faut avouer que tout a pris son sens lorsque j’ai enfin compris.
Néanmoins, je n’ai pas eu besoin de cette explication pour apprécier le film. Bien sûr, cela ajoute une logique à cette pagaille de scènes plus étranges les unes que les autres ! Mais ce que je voyais était tellement neuf, anxiogène et à mon humble avis, magnifiquement filmé, que je me suis laissée porter par le film sans chercher à vraiment en comprendre la cohérence globale.

mother trailer

Pour moi, on passait du vide à l’encombrement. Du calme à la tempête. Comme l’héroïne, emportée malgré elle dans un torrent cauchemardesque, j’ai vécu ce film sans savoir pourquoi, et ça fait du bien. C’est un peu comme découvrir du Kafka : on ne comprend pas grand chose, mais ça fait partie de l’intérêt du récit, l’absurde comme fin en soi.

Je ne vais pas prétendre que Darren Aronosky n’avait pas de trame cohérente dans son scénario : j’imagine bien que tout devait lui sembler parfaitement logique. Mais l’expérience du spectateur diffère toujours du but initial de son créateur…

Si vous êtes plutôt attaché à la logique d’un scénario, vous n’apprécierez peut-être pas Mother ! Sinon, je ne peux que vous conseiller de vous laisser porter sans préjugés, et ainsi d’entrer dans un univers aussi fascinant qu’effrayant.

Maldoror pour Pascal Retro Games

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